Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 11:13

Très long article sur le tourisme à Joigny, mais les lecteurs habituels de ce blog savent que j’ai toujours du mal à faire court…


Dans notre équipe, nous avons depuis toujours la conviction que, face aux difficultés qui s’accumulent pour notre ville, une des méthodes pour rebondir est de faire de Joigny une destination touristique. Faire de Joigny une destination de tourisme vert, faire de Joigny une destination de tourisme de week-end, faire de Joigny une destination auxquelles les Franciliens pensent quand, du vendredi au lundi, ils veulent échapper au rythme de la capitale.


Pour cela, nous avons la base, sans laquelle, rien ne serait imaginable. Nous avons une jolie ville, classée ville d’art et d’histoire. Nous avons des producteurs locaux, susceptibles d’attirer par la qualité de leurs productions les amateurs de bonnes choses. Nous avons de belles tables. Nous avons des infrastructures hôtelières (bien qu’insuffisantes). Nous avons, à travers la forêt d’Othe de grands espaces boisés, préservés, naturels, sillonnés de chemins qui peuvent accueillir les randonneurs… Quand il m’arrive de prendre le train le week-end et que je vois tous ces groupes qui prennent l’omnibus depuis Paris- gare de Lyon, harnachés de leurs chaussures et de leurs sacs à dos de randonnées et qui s’arrêtent tous à Fontainebleau, je me dis que le « marché » existe et qu’il nous revient simplement de faire en sorte qu’ils poussent de 20 minutes supplémentaires leur périple ferroviaire pour arriver chez nous… Nous avons, depuis 10 mois, un cadencement des trains qui nous met à 1h10 de Paris. Bref, nous avons les ingrédients.


A partir de là, il faut une volonté politique. Nous l’avons. C’est Brigitte Esnée qui, dans notre équipe, porte ces dossiers.

Aujourd’hui, le conseil municipal, consacre au total environ 200 000 euros à sa politique touristique. Cela passe essentiellement par la subvention accordée à l’association (loi 1901) « Office de tourisme », ainsi qu’à tous les périphériques à cette subvention (bâtiment, heures de ménage, électricité du bâtiment, chauffage, impôts locaux attenants….), mais aussi à différentes publications.

 

Puisque la ville de Joigny, à travers son conseil municipal, est le financeur quasi exclusif de l’association « Office de tourisme », il n’est pas anormal, comme élus, que nous nous permettions de regarder comment cela se passe.

Quelle est notre vision des choses ? L’association a en fait une double activité :

-          Une action d’organisations de manifestations : les peintres dans la rue, le vide-grenier, les nuits maillotines, la fête des vendanges, qui sont de beaux succès.

-          Une action de promotion de la ville, hors de ses frontières.

A nos yeux ces deux types d’actions ne peuvent plus être gérés par la même structure. Dès lors s’imposent deux types de questions : 1. Pourquoi avons-nous acquis la conviction qu’il fallait séparer les deux types d’actions ?  2. Que proposons-nous ?

Commençons par la 2ème question : nous proposons de scinder les deux types d’activités Nous proposons à l’association loi 1901 qui existe actuellement de continuer, si elle le souhaite bien-sûr, à prendre en charge l’organisation des évènements qu’elle a initiés et très bien gérés jusqu’alors : les peintres dans la rue, la fête des vendanges, le vide-greniers par exemple. Pour cela, c’est évident, la ville continuera à donner une subvention de fonctionnement  permettant la réussite de ces manifestations. Et l’association, comme toutes les associations de notre ville, pourra profiter des salles pour ses évènements, de l’aide des services techniques, comme avant. L’action des bénévoles ne changera pas, ils mèneront, en toute autonomie, comme c’est la règle, leur action au service de la cité, avec les moyens votés par le conseil municipal, comme nous nous y engageons.


Sur le second volet de promotion de la ville, qui est le cœur même de la compétence « tourisme » que chaque commune de France détient, nous souhaitons qu’elle puisse être rapatriée directement dans le giron municipal. Ce que j’avais d’ailleurs moi-même annoncé à la trinune de l’assemblée générale de l’office de tourisme en début d’année, juste après avoir salué, au nom de la ville, le travail de M Chriqui, démissionnaire. Pourquoi (et j’en viens là à la première série de questions) ?

Parce que, comme je l’ai déjà dit, une démarche touristique ne peut être initiée, insufflée que par la collectivité, le conseil municipal, et ne peut pas être uniquement géré par une structure de droit privé, comme l’est une association loi 1901. Les associations peuvent bien sur venir en complément de ce qui est porté par la puissance publique, mais ne peuvent être laissées seules face à ce défi, qui concerne chacun des 10800 Joviniens.


Regardez ce qui se passe pour la politique des manifestations. Il y a co-existence dans Joigny de plusieurs acteurs : la ville elle-même, à travers ses propres initiatives (c’est la diffusion de la brochure sur les manifestations, c’est la fête du jeu, ce sont les animations de Noël, etc…) et des associations qui mènent leurs actions. Et tout se fait en bonne intelligence : les services municipaux travaillent avec les associations, les associations travaillent avec la ville et ses services. Il y a un service « manifestations » à la ville. Il y aura demain un service tourisme, constitué de professionnels.

 

Ces professionnels, ce sont les deux salariées de l’actuel office de tourisme, dont le salaire est déjà, en réalité, payé par la ville à travers la subvention de 95 000 € versée chaque année. Mais pour nous, vous l’aurez compris, la mission première de ces professionnels est bien la promotion de la ville, au service d’une ambitieuse politique touristique, et pas l’organisation de manifestations, qui relèvent plus, à nos yeux, de la dimension associative ou d’un syndicat d’initiatives. C’est pour cela que nous voulons scinder les choses. Les associations qui animent la ville, et elles sont nombreuses, n’ont pas, elles, de salariés payés par la collectivité à travers une subvention. Cela ne les empêche pas de réaliser de très belles choses, très réussies (je pense par exemple à Cœur de Joigny et à ses défilés, je pense au Comité des fêtes et à ses diverses initiatives).


Rapatrier le volet purement « touristique » au sein de nos services municipaux permettra, de plus, une meilleure complémentarité, en synergie  avec les autres politiques menées sur la ville : politique culturelle, politique d’animation et de manifestations…


Troisième étape de notre raisonnement : dès lors que nous avions fait le choix de reprendre en gestion directe la compétence tourisme, jusque là dédiée à une association, s’est posée la question de l’outil juridique, nous permettant de le faire. Nous aurions pu faire une régie, directe. Cela aurait été possible, mais cela n’aurait probablement pas été le plus simple, notamment en terme de souplesse du quotidien.

Après un an de réflexion, nous avons décidé de nous orienter vers un EPIC (Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial). Un établissement public à caractère industriel et commercial (ou EPIC) est une personne publique ayant pour but la gestion d'une activité de service public. Son autonomie se traduit essentiellement par l'existence d'un budget autonome, détaché du budget général de la collectivité territoriale dont il dépend. Il sera dirigé par quelqu’un nommé par le Maire de Joigny.

Pour résumer :

-          nous souhaitons scinder, demain,

o       ce qui relève plus de l’activité d’un syndicat d’initiatives, que nous proposons à l’association de continuer à gérer, avec une subvention municipale, dans le même cadre que pour toutes les autres associations,

o       ce qui relève plus d’une politique touristique, tournée vers l’extérieur, qui est une compétence de la ville et que nous souhaitons gérer en direct, pour assurer que se réalise le programme que nous avons présenté aux Joviniens.

-          nous formerons pour cela un EPIC,

-          dans lesquelles seront embauchées les deux professionnelles de l’office de tourisme.

L’opposition, qui cherche à se refaire une santé après la défaite historique qu’elle a encaissée, a décidé d’enfourcher son cheval de bataille. Alors j’écoute. Quels sont ses arguments ? En fait, il y en a un seul : la défense des bénévoles. Comme si, nous, nous étions des anti-bénévoles, avec un Maire qui depuis 40 ans a donné plus d’heures de bénévolats à Joigny que l’ensemble des conseillers d’oppositions réunis.

 

Pourquoi c’est un faux débat, et pourquoi l’opposition cherche à instrumentaliser et caricaturer notre politique vis-à-vis de l’OT ? Parce que, comme je l’ai dit ici, nous laisserons aux bénévoles la gestion de toute la dimension « animation » développée par l’OT. Dès lors que reste-t-il ? Les réservations de spectacles, de sorties ? Les relations avec les professionnels de la ville (hôtels, restaurants, etc…) ? Les participations à des salons ? Sur ces sujets là, combien étaient-ils les bénévoles à s’en occuper ? 1, 2, 3 ? Moi aussi j’ai parlé avec des bénévoles de l’office. Qui rédige l’extrait sur Joigny paru dans « Les plus beaux détours de France » ? La guide conférencière, salariée de la ville ! Qui fait les recherches historiques pour les nuits maillotines ? La chargée de patrimoine, salariée de la ville ! Qui enregistre les réservations pour les Nuits maillotines ? Les salariées de l’office, payées par l’argent public, voté par la ville par sa subvention ?

Par contre, qui organise la fête des vendanges ? Les bénévoles, et nous leur laisserons, bien-sûr. Qui organise le vide-grenier ? Les bénévoles, et nous leur laisserons, bien-sûr. Qui organise les peintes dans la rue ? Les bénévoles, et nous leur laisserons, bien-sûr. Bien que je sache aussi que les réservations des professionnels ou des particuliers pour le vide-greniers, la fête des vendanges, ou les peintres dans la rue, dans la pratique, sont faites par les salariées de l’office. Donc, effectivement, il y aura plus de travail, demain, pour les bénévoles de l’association. Mais, encore une fois, quelle autre association jovinienne se voit payée 2 professionnels par la collectivité pour l’assister ? Aucune.


Je m’étonne aujourd’hui que Monsieur Ortega et Monsieur Portal jouent les chevaliers blancs en tentant de prendre la défense des bénévoles, comme si ceux-ci étaient menacés de quoi que ce soit. Ces mêmes Messieurs qui, durant 15 ans, ont fait en sorte que le Président de l’Office de tourisme soit Emile Chriqui, par ailleurs conseiller municipal puis adjoint au maire de Philippe Auberger, puis candidat suppléant aux élections cantonales avec Mme David Sauzéa. Avant, donc, Messieurs Ortega et Portal reconnaissaient le lien nécessaire entre conseil municipal et politique de tourisme. Mais maintenant que c’est nous, non, ce lien ne serait plus utile. A d’autres ! Halte à la mauvaise foi et à la manipulation !


Je veux enfin délivrer un message aux commerçants de la ville : oui, mener une politique de soutien au commerce est difficile. Les municipalités de M. Auberger-Ortega ont échoué et rien ne dit que l’on sera meilleurs. Mais l’on ne peut à la fois nous demander de faire mieux et nous refuser de doter la ville d’un vrai outil de promotion touristique. Si la ville roulait sur l’or, nous aurions pu penser laisser à l’OT ses 200 000 € de moyens accordés et en remettre au moins autant dans une politique municipale. Mais voilà, les temps sont durs, et il faut savoir bien gérer l’argent public. Donc soit on réoriente les moyens que l’on attribue au tourisme à Joigny, soit on ne bouge pas, on ne fait rien, et on continue comme avant. Je n’ai pas le sentiment que les Joviniens nous aient élus pour continuer comme avant…


Enfin, je m’étonne que l’article de presse paru dans les colonnes de notre quotidien local ait omis de préciser que notre vision du tourisme avait recueilli un aval clairement exprimé de plusieurs professionnels, dont celui de la chargée des relations extérieures d’un restaurant bien connu de la cité ou celui d’un loueur de bateaux, non moins connu. Le travail mené par Brigitte Esnée depuis un an l’a été, aussi, dans la concertation. Que le président de l’office de tourisme ait revêtu les habits d’opposant à la transformation de son association est une chose. Que cela relègue au second rang la voix des professionnels de la ville qui font rayonner Joigny au quotidien en est une autre. Nous avons entendu tout le monde. Et nous avons arbitré. C’est notre rôle.  C’est parfois difficile.

 

 


Par N.SORET - Publié dans : TOURISME
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