C’est la nouvelle formule des opposants, placée à chaque coin de phrase comme un talisman sensé conjurer le mauvais sort. C’est bien-sûr une stratégie politique. La ficelle est grosse. Regardons de plus près.
Sur la forme, que recherchent nos opposants ? Nous réduire à une équipe de « socialo-communistes » vise plusieurs objectifs. D’abord renvoyer à l’inconscient collectif jovinien qui a toujours été entretenu dans la peur du « rouge ». M’enfin… Je n’ai pas de couteau, Claude Josselin non plus, et on n’a pas encore eu l’idée de se le mettre entre les dents, un drapeau rouge en bandoulière, pour aller effrayer les enfants de Joigny la nuit venue. La révolution d’octobre, c’était il y a presque un siècle. Alors c’est vrai, certains de nos opposants ont passé les 80 ans donc cet épisode ne doit pas sonner à leurs oreilles comme aux miennes. Pour moi, c’est bon pour les livres d’histoire ; il faudrait quand même passer à autre chose. Ensuite, parler de « socialo-coco» permet de critiquer, de caricaturer, mais en évitant soigneusement de parler du fond des dossiers. Si la gestion du départ du groupe géographique par notre équipe et l’appel à la solidarité nationale que nous lançons au Gouvernement ne conviennent pas, eh bien, qu’attendent nos opposants pour nous dire comment ils s’y prendraient, eux ? Qu’on nous laisse donc travailler. Et soyons jugés sur nos actes, sur nos propositions !
Sur le fond, on tente de renvoyer notre action à la caricature d’une gestion par la gauche d’une collectivité: gabegie financière, pressions excessives sur les entreprises, etc… Sauf que, là, il y a un hic dans la démonstration. Non seulement à Joigny on ne dépense pas à vau-l'eau, mais on se paie le luxe de faire en 2008 la bagatelle de 200 000 € d’économies sur les dépenses. Et je crois que les chefs d’entreprises ont compris qu’ils avaient des interlocuteurs responsables à la ville comme à la CCJ pour échanger, on l’a déjà montré. La caricature de nos opposants a quand même du mal à tenir. Je suis membre du PS, car je me retrouve dans les valeurs de solidarité et de justice qu’il défend. Je crois dans l’économie de marché, quand elle est régulée, pour éviter qu’elle ne s’emballe et qu’elle ne laisse sur le bord de la route des salariés sacrifiés. J’ai autant d’écoute pour un ouvrier que pour un patron d’une PME qui gère en bon père de famille son exploitation, dans le respect de l’humain. Je suis plus dur avec Total, L’Oréal, et les financiers de la City, c’est sur. Mais je ne manque pas de raisons, non ?
Nicolas SORET
Maire-adjoint (PS) de Joigny.
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