Vendredi 25 septembre 2009
Nous sommes jeudi. Et il m’a bien fallu ces 3 jours, comme à mes amis, pour comprendre ce qui s’était passé
dimanche à Joigny.
Vous l’imaginez, nous sommes heureux.
Heureux parce que nous allons pouvoir continuer à transformer Joigny et à faire vivre nos rêves d’une cité plus
vivante, plus accueillante, où chacun se sente bien, dont chacun puisse être fier.
Heureux pour la démonstration qui vient d’être faite. Nous avions décidé, pour mener cette campagne, d’avoir une
démarche semblable à celle qui nous a guidés durant les 16 premiers mois. Nous avons fait le pari de l’intelligence, de l’intelligence des Joviniens, de l’intelligence des électeurs. C’est ce
pari de l’intelligence qui nous a amenés à abolir les rapports entre les élus et les citoyens, entre ceux qui étaient réputés savoir et ceux qui étaient réputés croire ceux qui savaient. Ce pari
de l’intelligence qui, pour la 1ère fois il y a 16 mois, nous avait amenés à produire une double page sur les finances de la ville ; un sujet qui jusqu’ici était traité dans
l’intimité du bureau de l’ancien maire et de son ancien 1er adjoint, loin d’une population jugée peut-être inapte à comprendre. C’est ce pari de l’intelligence qui, tout au long de la
campagne, nous a amenés à produire des documents de fond, à expliquer dans le détail aux Joviniens nos démarches et nos objectifs Nous avons expliqué, dans le détail, pourquoi nous avions
augmenté les impôts, expliqué que la capacité d’autofinancement de la ville déterminait le fond de roulement. Nous avons expliqué dans le détail ce que signifiait un projet écologique pour notre
ville. Nous avons expliqué dans le détail ce que nous ferions du 28ème GG. Nous avons expliqué dans le détail comment nous
porterions un projet solidaire à Joigny, un projet citoyen. Nous avons expliqué comment nous concevions notre engagement politique, pour répondre aux besoins du quotidien d’un côté, pour dessiner
de l’autre les perspectives pour Joigny, aux horizons 2015-2020.
Et ce pari de l’intelligence, nous l’avons gagné. Car nous avons été entendus par les Joviniens, très largement,
qui ont apprécié que nous fixions la barre de cette campagne très haute.
Heureux car nous avons fait la démonstration que la qualité d’une équipe ne se résumait pas à ses choix
idéologiques, n’en déplaise à Jean-Marie Rolland, Marie-Louise Fort et Henri de Raincourt qui, sans même comparer les 3 programmes, les 3 bilans et les 3 équipes avaient fait le choix de soutenir
Mme Bourassin au seul motif de sa carte UMP. Quel mépris pour le corps électoral qui, lui, ne s’est pas laissé abuser par des déclarations préhistoriques sur les peurs sensées être
véhiculées par les « socialo-communistes » de Joigny. Les Joviniens ont jugé sur pièce, au-delà des clivages habituels. Gloire à eux qui ont su exercer leur libre arbitre, quelle
leçon !
Heureux car, en faisant ce pari de l’intelligence collective, jamais, jamais nous n’avons accepté de nous laisser
entraîner dans les tréfonds dans lesquels l’une de nos adversaires voulait nous emmener. Cela n’a pas été facile, il a fallu toute la force d’une équipe, tout le respect, toute la confiance dans
nos jugements mutuels, acquise entre nous au cours des 16 derniers mois, pour nous empêcher, parfois, de répondre à chaud à des fausses accusations, à des débats dépassés. La sagesse et la
solidité de notre équipe ont largement contrebalancé les attaques dont certains d’entre nous ont eu à écoper… et sur lesquelles, un jour peut-être, je reviendrai…
A ce stade, je veux redire ici ce que je dis en public comme en privé depuis mars 2008. J’ai du respect pour
Gilbert Portal. Je suis en divergence sur le fond, avec sa vision de ce que doit être Joigny, mais j’apprécie l’élégance de sa démarche politique. Je l’ai observé, tentant d’expliquer à qui
voulait bien l’entendre qu’une réunion de la droite, dès lors qu’elle se concevait derrière Isabelle Bourassin, n’était pas possible. Moi qui, de mon fauteuil d’adjoint au Maire ai pu regarder et
écouter Mme Bourassin durant 16 mois, j’ai très vite compris ce que voulait dire Gilbert Portal. Il y a des gens avec qui il est impossible de travailler. Des gens qui, eux, substituent au pari
de l’intelligence le sectarisme et le clanisme, la revanche et la méchanceté. Mais tout cela n’a jamais fait un projet politique…
Samedi sera désigné le bureau municipal, le « gouvernement » de Bernard Moraine qui, comme la fois
précédente, fera une large part à la diversité, des âges et des origines. Dès samedi, nous serons au travail, au service de tous les Joviniens, qu’ils appartiennent aux 65% d’électeurs qui ont
validé nos projets, ou aux 35% qui n’étaient pas encore convaincus. Venez nombreux, samedi à 10 heures, dans les salons de l’hôtel de ville.
65%, c’est un score qui nous re-légitime et nous oblige, nous faisant passer d’une obligation de moyens à une
obligation de résultats. Nous en sommes conscients.
Personnellement, je suis ravi de cette élection qui montre que même sur un territoire réputé difficile, on peut
parvenir à incarner les valeurs de solidarité, authenticité, justice, respect. Replacer l’homme au cœur d’un projet politique n’est ni une divagation de doux rêveur, ni une rhétorique de sophiste
chevronné. C’est une ambition collective, presque un projet de civilisation. Ca commence aujourd’hui. Ca commence à Joigny.